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C harles est né à Leffond, petit village du fond de la Haute-Saône, où il avait grandi et où il aimait revenir. Neuvième d'une famille d'agriculteurs de douze enfants (5 garçons et 7 filles), il avait eu la douleur de perdre sa mère à l'âge de 9 ans et, avec ses frères, avait alors été élevé par sa grand-mère.
En 1945, à 13 ans, il entre à la Maîtrise, où son frère Louis, deux ans auparavant l'avait précédé. Il fait partie du "noyau" du Val Sainte-Marie. « Je n'étais pas chahuté par les copains, aimait-il à raconter, car j'étais le frère de Ravry ».
En 1952, à l'issue des deux années de philosophie à Faverney, il entre au Grand séminaire puis, de mai 53 à octobre 54 accomplit son service militaire en Algérie, dans l'Oranais - ce qui le marquera. Il y est rappelé en 1956, pour 4 mois (d'avril à octobre) au terme desquels il achève sa formation de théologie au Grand séminaire. Le 21 décembre 1957, il est ordonné prêtre par Mgr Dubois, avec 7 autres rappelés d'Algérie. Il fêtait son jubilé d'or en 2007.
D'abord vicaire à Aillevillers (4 ans) puis à Luxeuil (16 ans), il revient à Aillevillers en 1978, où il est nommé curé. Il y restera vingt années, lourdement obérées par une insuffisance rénale dont une greffe le libérera le jeudi saint de 1993, « merveilleux souvenir ».
En 1997, il est durant un an, chargé de l'U.P. de Fougerolles avant d'être, en 1998 renvoyé par l'archevêque sur ses terres natales, pour raisons de santé, comme curé de Champlitte - nomination qui était « trop d'honneur» pour lui, confiait-il dans sa douce humilité.
Le 11 octobre 2009, il célébrait à Champlitte sa dernière messe, « un enterrement de première classe » plaisanta-t-il - départ qui lui fut aussi « un véritable arrachement ».
Il se retirait alors à la maison de retraite médicalisée Jean XXIII de Montferrand-le-Château, mais devait être hospitalisé peu après en cardiologie puis en néphrologie, à Besançon, où il s'est éteint le 2 novembre dernier. Ses obsèques ont été célébrées le 6 novembre à Champlitte, l'église de Leffond étant trop petite pour accueillir une foule de plus de 800 fidèles, prêtres et amis - dont de nombreux Maîtrisiens. Il a été inhumé à Montarlot, dans la tombe de l'abbé Bruchert, ancien curé et son bienfaiteur.
Charles était un homme « avec beaucoup d'humour, de gaieté, proche des gens, attentif, cultivé et doté d'un moral d'acier ». Il aimait la musique classique, l'histoire, la littérature ; il dessinait et écrivait des poésies. Son sourire disait sa bonté.
Au deuil de Charles se sont ajoutés pour Louis, son frère, ceux de sa sœur et de son beau-frère
« Pour évoquer l'abbé Ravry, nous avons choisi l'évangile du bon Pasteur, car c'est du prêtre que je voudrais parler : prêtre avec vous, prêtre pour vous, attaché au monde rural. L'annonce de sa mort a été pour Champlitte un grand moment de tristesse, car l'homme de chez nous était aimé pour sa simplicité et son service courageux. La vocation de Charles était enracinée en Jésus Christ. Charles était sensible à l'amitié. Elle s'était construite au long de son cheminement. Il participait joyeusement à la rencontre des anciens de la Maîtrise, des anciens d'/Mgérie, des rappelés, des greffés du rein, sans oublier les amis d'Aillevillers.
Cette bonté naturelle s'est affinée dans sa vie de prêtre. Il savait parler aux plus pauvres et transmettre cette bonté qui espère toujours en l'homme. "Fraternité" aimait-il prononcer ».
(Extrait de l'homélie de Jean-Christophe DEMARD)