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Comment j'ai connu l'Abbé Lucien MAREY, ancien élève de la Maîtrise, né à Presle en 1903, décédé le 27 février 2005 à l'hôpital de Villersexel, après de longues années aux paroisses de Vougécourt-Corre.
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Je recherchais alors le livre d'accompagnement des " cantiques choisis " des Frères Emile et Auguste BRUNE, déjà rarissime dans mon temps de Maîtrise. J'avais fait mettre une petite annonce dans la Voix Diocésaine (actuelle Eglise de Besançon) et l'Abbé Lucien MAREY m'a téléphoné qu'il avait ce recueil et pouvait me l'envoyer. J'ai préféré le remercier par une visite, et un repas en famille dans un restaurant du coin. C'était le 14 juillet 1987.
C'est ainsi qu'a commencé un heureux temps de rencontres, amicales et sereines dans cette vieille cure. Un long tas de bûches le long de la maison, quelques marches de pierre à descendre, à gauche le jardin de curé avec au fond la statue de la sainte Vierge, la treille au-dessus de la tête, à droite la cuisine.
Un vieil homme, très courbé, coiffé de la calotte ronde des ecclésiastiques d'autrefois. Un accueil simple, familier déjà amical. Dans la pièce d'à côté, salle à manger l'été, chapelle en hiver, un gros harmonium, au mur du fond une huile nous montre un bel homme barbu en fleur de jeunesse, et, on ne s'étonnera pas qu'il ait eu une certaine emprise à Munich, quand, prisonnier - transformé -, il devra s'occuper des petites Françaises, STO ou volontaires, transplantées par les hasards de la guerre.
De cette belle page, dommage qu'un Supérieur, le Père BRINGARD, dans l'austérité de la psychologie de son temps, n'ait pu qu'en dire, un midi où il le recevait après son retour en France : " nous avons ici Monsieur le Curé de Corre. Il m'a dit tout à l'heure, qu'il n'avait pas fait ce qu'il devait faire..." Lucien MAREY en était toujours affecté 60 ans après ! Je me souviens de son goût et de son talent sur le travail du bois, de sa prouesse au " bras de fer " force physique et mentale dont il était assez fier.
La dernière fois que je l'ai vu. c'était à l'hôpital de Villersexel. où il avait dû être transporté, personne ne pouvant s'occuper de lui à son domicile. Lui rendait visite à ce moment là l'Abbé Hubert FAIVRE. n les yeux de braise ". chef de chorale et professeur au Séminaire de philosophie de Faverney l'année scolaire 1938/1939. Lucien MAREY était à ce moment là un grand vieillard impotent et alité. Il devait quitter ce monde le 27 février, sereinement m'a-t-on dit. dans sa 102° année. Je n'ai pu aller à son enterrement, je ne sais plus pourquoi...
Il était le doyen de notre amicale.
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