Joseph KOHLER (30 03 1922 - 21 12 2009)
Né à Porrentruy (Suisse), le 30 mars 1922, dans une famille de six enfants, qui vint s'établir à Grandvillars, Joseph Kohler
entre en 1934 au Petit séminaire de Luxeuil et, en 1942, au sortir de Faverney, au Grand séminaire de Besançon.
Son service militaire accompli, il est ordonné prêtre le 22 mars 1947, à Besançon.
Le 19 juin, il est nommé professeur des "vocations tardives" à Faverney et en 1949, part pour Paris où il obtiendra une double licence de lettres classiques
et de philosophie. En 1953, après une brève année à Faverney, il est nommé à la Maîtrise où il prend en charge la classe de quatrième. Mais au bout de quelques mois, il doit partir pour le sanatorium
du plateau d'Assy, remettant à Jean Nzappez une classe qui à travers une correspondance régulière gardera fidélité à son premier professeur.
En 1962, il est directeur de Faverney ; en 1966, il enseigne de nouveau la philosophie au séminaire de jeunes à Besançon ; et en 1969,
il devient directeur des études à St Joseph.
(extraits de l'homélie prononcée par André Vuillaume et s'appuyant sur les textes choisis pour la célébration)
« Le P. Kohler fut homme à ne pas laisser dormir ses talents. Son exigence rigoureuse d'enseignant, d'éducateur scrupuleux
était connue de tous ceux qui eurent à travailler la dissertation philosophique ou française. Peut-être même était-il
quelquefois trop carré et pointilleux, sa parole singulièrement tranchante, son souci de la discipline trop sourcilleux...
Mais en un temps où l'on excuse si facilement ce qu'il faut bien appeler indiscipline et paresse, ne nous rappelle-t-il pas
heureusement que c'est décevoir Dieu que de ne pas donner toute sa mesure ?...
Je reste admiratif de l'avoir vu cumuler les postes d'enseignant et se couler dans la peau d'un directeur des études,
avec tout ce que cela suppose de contacts avec les jeunes à orienter, les familles à éclairer et à aider. Le prêtre
n'est pas que l'homme de la liturgie et de la prière. Il est appelé à concilier en lui la science profane et la foi qui l'anime.
Illustrant ce que pourrait être notre séjour sur cette terre, s'il prépare celui où nous serons les hôtes définitifs du Seigneur,
le prophète Isaïe use de la parabole du festin sur la montagne. Joseph, toi qui as eu tant de plaisir à partager les repas parce
que tu savais apprécier tant ce qui réjouit le cœur de l'homme que le sel de la conversation, voici le temps de l'Exultation ! »
Suivent alors dix années (1977-1987) de ministère paroissial : vicaire-économe de Fontaine (1977) ; curé de N.D. des Anges de Belfort
(1978), de Fèche-l'Église et Badevel (1984) puis de Villers-le-Sec et de Croix (1987).
En 1987, il suit des cours de droit canonique à Strasbourg et, en 1988, est juge à l'Officialité diocésaine de Besançon.
En 1991, il revient au ministère pastoral comme curé "in solidum" au service des paroisses du grand ensemble
Grandvillars-Fèche-l'Église. En 1997, il prend sa retraite à Grandvillars, mais des difficultés de santé le contraignent,
en 2004, à se retirer à la Maison St Joseph de Giromagny ; où la dépendance finira par réduire sa liberté.
Ainsi n'avait-il pu, en 2007, célébrer son jubilé sacerdotal de diamant entouré de ses anciens élèves, réunis pour les retrouvailles
annuelles. Mais, il nous avait alors confié que « la plus belle période de [ses] années d'enseignement [avait été] celle de sa
première classe de quatrième ».
Le 21 décembre 2009, il décédait à Giromagny. Le 23 décembre, il était inhumé à Grandvillars, où de nombreux prêtres ont concélébré
ses obsèques.