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A la bénédiction de la
Chapelle de Notre-Dame du Haut à Ronchamp le samedi 25 juin 1955, la
Maîtrise y était et y exécuta les chants sacrés de circonstance, tels que
les Psaumes des Montées. Il faut rappeler certaines paroles de Le
Corbusier lorsqu'il présenta son oeuvre à Mgr Dubois : "En bâtissant cette
chapelle, j'ai voulu créer un lieu de silence, de prière, de paix, de joie
intérieure. Le sentiment de sacré anima notre effort. Des choses sont
sacrées, d'autres ne le sont pas, qu'elles soient religieuses ou
non..."
Puis, il honore "ceux qui ont été
les réalisateurs de cette oeuvre difficile, minutieuse, rude, forte dans
les moyens mis en oeuvre, mais sensible, mais animée d'une mathématique
totale, créatrice de l'espace indicible." Quelques signes dispersés et
quelques mots écrits chantent la louange à la Vierge. La Croix -la Croix
vraie du supplice-est installée dans cette arche ; le drame chrétien a
désormais pris possession du lieu.
" Excellence, je vous remets
cette chapelle de béton loyal, pétrie de témérité peut-être, de courage
certainement, avec l'espoir qu'elle trouvera en vous, comme en ceux qui
monteront sur la colline, un écho à ce que tous nous y avons
inscrit."
Il faudrait s'attarder sur la
réponse de Mgr Dubois : "Ce gratte-ciel de Marie aura été pour vous un
acte d'optimisme, un geste de courage, un signe de fierté, une preuve de
maîtrise" et sur son sermon magnifiant l'Arche et Marie... qui est
une Arche souverainement accueillante...
Si à l'origine, le curé de
Ronchamp de l'époque, un de nos Anciens, le chanoine Henri Besançon "eut
le bon esprit de s'adresser à la Commission d'Art Sacré" pour
rétablir la Chapelle dévastée en 1944, c'est grâce au savoir-faire de
Lucien Ledeur que la
collaboration de Le Corbusier fut
acquise, après un premier et violent refus de travailler pour
l'Eglise.
Le 25 juin 1955, le supérieur de
la Maîtrise devait être simplement, peut-être divinement heureux, un
bonheur intérieur d'ordre spirituel. Il était resté dans l'ombre comme il
le souhaitait, les principaux discours officiels ne parlent pas,
semble-t-il, de son rôle (mais il y eut 13 ou 14 interventions diverses ce
jour-là...). Sa préoccupation était peut-être, au de-là de la joie
ressentie, de répondre aux critiques, c'est-à-dire d'expliquer l'oeuvre,
qui rapprochait le ciel de la terre et faisait entrer Ronchamp dans
l'Histoire...
Mais pour la petite histoire, les
Maîtrisiens ont souvenir du pique-nique sur la colline, et de
l'enregistrement d'un choral pour la Radio de Suisse Romande, malgré les
perturbations continuelles d'avions militaires de la base de
Luxeuil... (Extrait du livre "La Maitrise de la cathédrale de Besançon" |
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